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Les EÉSAD accueillent favorablement la politique nationale de soutien à domicile
Publié le 30 janv. 2026

Source : Facebook de Sonia Bélanger
Le Réseau de coopération des entreprises d’économie sociale en aide à domicile (EÉSAD) a annoncé accueillir très favorablement plusieurs volets de la politique Mieux chez soi, dévoilée ce jeudi 29 janvier par la ministre de la Santé, Sonia Bélanger.
Cette nouvelle Politique nationale de soutien à domicile (PSAD) prévoit l’élargissement du chèque emploi-service, rebaptisé allocation autonomie à domicile. Elle assure aux proches aidants, dans certaines situations et après évaluation, une rémunération au même titre que les travailleurs d’aide à domicile, dont le salaire horaire est par ailleurs passé de 20$ à 21$ de l’heure.
Les critères d’admissibilité n’ont pas été dévoilés, de même que le nombre d’heures rémunérées. Le gouvernement a également annoncé vouloir renforcer son partenariat avec les EÉSAD, en faisant passer de 21,3 M$ en 2025-26 à 39,3 M$ en 2026-27 l’enveloppe allouée au Programme d’exonération financière en aide domestique (PEFSAD).
Dignité
Mieux chez soi vise à permettre aux personnes de vivre chez elles le plus longtemps possible dans la dignité, en leur offrant des soins et des services adaptés à leurs besoins et coordonnés autour de leur projet de vie. Pour le directeur général du Réseau, J. Benoit Caron, cette annonce vient confirmer un rôle que les EÉSAD assument depuis déjà près de trente ans.
« Cette politique réaffirme clairement que le Québec choisit de reconnaître et de prioriser les EÉSAD exploitées à des fins non-lucratives comme l’un des partenaires essentiels du réseau de la santé pour le soutien à domicile, indique-t-il, par voie de communiqué. Elle marque un tournant important, tant pour le Québec que pour l’histoire des EÉSAD et, plus que jamais, ses orientations convergent avec nos valeurs et nos pratiques. »
Porte d’entrée
Depuis leurs débuts, les EÉSAD placent les personnes et leurs proches au cœur de leurs décisions et de la façon d’organiser les services. Cette approche rejoint directement la vision de la PSAD, qui insiste sur la participation active des usagers à l’élaboration de leur projet de vie et à l’exercice de leurs choix.
La Politique positionne également les CLSC comme porte d’entrée principale vers les soins et services de soutien à domicile, afin de simplifier l’accès, d’éviter les ruptures de parcours et de mieux coordonner l’ensemble des interventions destinées aux personnes et à leurs proches aidants.
Dans son allocution, J. Benoit Caron a rappelé que les collaborations déjà bien établies, notamment à travers les Plans d’action régionaux concertés (PARC), illustrent la capacité des EÉSAD à s’arrimer efficacement avec les équipes du réseau public afin de construire un écosystème fondé sur la complémentarité, la confiance et la coopération.
Il a également souligné les projets vitrines soutenus par la ministre, où les EÉSAD de Beloeil, de Rimouski et du Lac-Saint-Jean-Est expérimentent l’ajout de nouveaux profils d’usagers pour l’assistance personnelle et le répit.
Responsabilisation
Cette vision, plaçant les personnes au cœur du système, rejoint la pratique des EÉSAD, qui soutiennent chaque jour des milliers de personnes en perte d’autonomie en leur permettant de demeurer actrices de leur vie, dans leur milieu.
Le Réseau rappelle toutefois que cette responsabilisation doit être solidement soutenue par l’État afin d’éviter qu’elle ne devienne un prétexte pour transférer une charge disproportionnée sur les familles ou encourager une marchandisation accrue des services.
Bien que la PSAD demeure générale quant à son application, il sera essentiel que toutes les parties prenantes suivent avec intérêt sa mise en œuvre afin de garantir un soutien digne et adéquat aux aînés souhaitant vieillir à domicile.
« Nous espérons que, dans l’opérationnalisation de cette politique, nous verrons enfin se concrétiser l’élargissement du panier de services couverts par le PEFSAD réclamé depuis plusieurs années par les EÉSAD afin d’améliorer l’accessibilité financière aux services d’assistance personnelle, au répit aux proches aidants, ainsi qu’aux menus travaux qu’offrent les EÉSAD », fait valoir Martin-Charles St-Pierre, président du Réseau de coopération des EÉSAD.
Réseau public
Dans un communiqué de presse, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) dénonce de son côté un parti pris du gouvernement en faveur du privé dans les services de soutien à domicile, sans aucun égard à l’expertise des équipes du réseau public.
Pour son président, Réjean Leclerc, « la solution réside dans le renforcement des équipes du secteur public, sans exclure complètement une certaine collaboration avec le personnel des entreprises privées et d’économies sociales en aide à domicile. »
Selon lui, ces dernières devraient concentrer leur offre dans les services de soutien pour les activités de la vie domestique (AVD), entre autres, l’entretien ménager, la préparation de repas, la lessive, etc…
« Malheureusement, le regroupement des EÉSAD trahit une entente historique en s’offrant comme substitut bon marché au personnel du public pour dispenser des soins, regrette M. Leclerc, dans le communiqué. La population fera les frais de cette approche au rabais. Nous intensifierons nos actions pour que le Québec continue de construire sa capacité publique de répondre aux besoins de la population. »
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